Nouvelles : Une petite fille passe 13h à table dans son urine et en hypothermie

Une petite fille passe 13h à table dans son urine et en hypothermie

La «limite a, et de très loin, été dépassée»

Publié le par Ayoye Monde dans Nouvelles
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Un père de famille qui a forcé sa fille de 8 ans à manger tous ses légumes a été condamné pour séquestration. L'identité de l'homme ne sera pas rendue publique afin de protéger celle de sa fille. 

Le papa, un homme de 42 ans, a servi des choux de Bruxelles à sa fille pour le repas du soir, vers 19 heures. Plutôt que de la priver de dessert quand la fillette n'a pas voulu manger tous ses légumes, le père l'a forcée à rester à la table... jusqu'à 8 heures le lendemain matin. La fille de 8 ans est restée 13 heures dans ses choux de Bruxelles froids, passant plusieurs heures dans son urine et souffrant d'hypothermie, dans la nuit du 23 au 24 janvier 2016. Quand elle s'endormait dans sa chaise, son père la réveillait. La jeune fille a finalement tout vomi au matin. 

La fillette a témoigné contre son père, mais il y avait aussi des preuves accablantes. L'homme s'est vanté, dans un texto envoyé à sa femme, d’avoir «voulu casser» sa fille.

«Elle voulait pas manger ses choux de Bruxelles. Je lui ai interdit de se lever de table», lui a-t-il écrit au matin. 

«Jusqu’à 11 h quand [sa sœur de 10 ans] est partie se coucher, c’était du chantage émotif mixé à du marchandage. […] Après, elle a eu envie de pisser… Je l’ai laissée se pisser dessus sur la chaise. Le plus drôle, c’est qu’elle a jamais essayé de se lever sans mon consentement… Mais rien à faire pour la faire manger.»

«Exténuée, en hypothermie dans sa pisse et braillant pour dormir, on a fini par avoir un deal (j’ai concédé plus que souhaité).» 

«Elle a vomi les choux avalés. Il lui en restait 1 dans l’assiette. Elle sait qu’elle va le manger en se levant.»

La mère n'a jamais exprimé son désaccord dans l'échange de textos, mais elle a dit en cour que cette expérience avait traumatisé sa fille. 

La «limite a, et de très loin, été dépassée», a écrit le juge Jean-François Gosselin dans sa décision, ajoutant que la fillette a été «maltraitée et humiliée.»

«Ce n’est pas l’enfant, qui a à peine l’âge de raison, qui doit être tenue responsable ou coresponsable de cette cruauté: c’est plutôt l’adulte, en principe doué de raison, qui a perdu tout discernement.»

Le plus choquant est que le père, un Québécois vivant dans l'Outaouais, est aussi un enseignant en technique d’éducation spécialisée dans un cégep et diplômé en psychoéducation.

«Il ne s’agit pas ici du parent limité ou démuni qui se méprend sur la nature ou la portée de ce qui constitue des méthodes éducatives acceptables», a écrit le juge Gosselin, qualifiant la situation d’«aberrante» et de «troublante». 

Non seulement «connaît-il les règles de l’art en la matière, mais il les enseigne»,a-t-il souligné.

Le père a été accusé de séquestration, de voies de fait et d’agression armée. Il a plaidé coupable à une accusation réduite de séquestration et il a été condamné à quatre mois de prison à purger dans la collectivité. Il doit aussi verser 500 $ à un organisme de bienfaisance et effectuer 50 heures de travaux communautaires.

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Source: La Presse · Crédit Photo: Adobe Stock