Nouvelles : Pierre Elliott Trudeau aurait demandé à Paul Desmarais de nuire au Parti québécois

Pierre Elliott Trudeau aurait demandé à Paul Desmarais de nuire au Parti québécois

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Publié le par Ayoye Monde dans Nouvelles

Le Département d'État américain a dévoilé un document qui était classé jusqu’ici comme étant secret dans lequel on y apprend que l’ancien premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, aurait demandé à l’homme d’affaires Paul Desmarais de nuire au Parti québécois (PQ) à son arrivée au pouvoir en 1976.

Le document en question se trouve à être un télégramme qui a été envoyé en date du 22 décembre 1976, alors que le PQ avait remporté les élections un mois auparavant. Le télégramme, qui avait été envoyé par l'ambassadeur américain Thomas Enders, confirmait à Washington que le premier ministre Trudeau avait convenu un arrangement afin de nuire au bon déroulement de l’arrivée au pouvoir du PQ.

« Malgré ce que disent les ministres du cabinet, M. Trudeau pourrait envoyer des signaux punitifs à l'économie québécoise. […] Le président de Power Corporation Paul Desmarais, qui est le principal allié de M. Trudeau dans le milieu des affaires et le plus important homme d'affaires du Canada français, me dit que M. Trudeau suggère de "rendre les choses aussi difficiles que possible" pour le Québec, écrit l'ambassadeur. M. Desmarais, dont les entreprises emploient 48 000 personnes au Québec, pense que M. Trudeau veut qu'il laisse intactes les structures organisationnelles de son entreprise dans la province, tout en transférant dans le reste du Canada autant d’opérations et d’investissements que possible. L’idée serait de faire passer le taux de chômage provincial de 10 % à 15 % ou même à 20 % l’année suivante. »

Toujours selon ce que M. Enders avançait dans le même télégramme, le premier ministre Trudeau avait aussi demandé l’aide d’un autre acteur très important du milieu économique : « Le président du Canadien Pacifique Ian Sinclair, qui est l'homme d'affaires le plus influent du pays et qui a également contacté M. Trudeau pour obtenir des conseils, me dit qu'il n'a pas reçu la consigne de se retirer [du Québec], mais qu'il n'a pas non plus reçu d'encouragements pour y rester. »

Un mois avant l’envoi de ce télégramme, M. Enders avait écrit à l'ambassadeur au Département d'État afin de l’informer des détails concernant un échange téléphonique qu’il avait eu avec le premier ministre Trudeau : «Si jamais le gouvernement du Québec se voit forcé de prendre des décisions sur la propriété de l'industrie et des ressources, les avantages sociaux, les droits des employés et des employeurs, il sera soumis à de graves tensions internes. »

Enfin, toujours selon ce que M. Enders avait indiqué à l’ambassadeur au Département d’État, le premier ministre Trudeau avait choisi comme approche stratégique de remettre en doute les décisions du nouveau gouvernement provincial en matière d’enjeux économiques : « M. Trudeau a fait remarquer que ces tensions seraient amplifiées par la nécessité de s'entendre avec les investisseurs étrangers. Il a convenu que les investisseurs ne devraient prendre aucune mesure précipitée pour se retirer ou investir au Québec, mais qu'ils devraient plutôt adopter une attitude d'attente pour indiquer clairement au nouveau gouvernement qu'ils souhaitent être rassurés sur leur avenir dans la province. »

Source: ICI Radio-Canada · Crédit Photo: Wikimedia Commons