Nouvelles : Mamadi Camara revient sur les séquelles qu'il a 3 mois après avoir été accusé à tort

Mamadi Camara revient sur les séquelles qu'il a 3 mois après avoir été accusé à tort

«Quand je rencontre des policiers, j’ai réellement peur»

Publié le par Ayoye Monde dans Nouvelles
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Après avoir été détenu et accusé injustement, Mamadi Fara Camara s'est confié à Radio-Canada sur sa vie après le choc post-traumatique qu'il a vécu. 

L'homme de 31 ans est nouvellement père de jumeaux. « Les bébés vont très bien! C'est un garçon et une fille. Ils sont en observation en néonatalogie pour quelques semaines. On espère pouvoir rentrer bientôt en famille à la maison », a-t-il d'abord déclaré à la chaîne publique.

Durant sa détention au Centre de détention de Rivière-des-Prairies, l'homme pensait toujours à sa femme, alors enceinte. 

« L’arrivée de ces deux enfants, ça va beaucoup me réconforter. Ça va panser la plaie qui est ouverte», ajoute Mamadi Camara. 

Cela fait presque trois mois qu'il a été officiellement disculpé de tout soupçon par le SPVM. Mais Mamadi Camara est toujours en thérapie, afin de vaincre le choc post-traumatique qu'il a subi après avoir été détenu, puis accusé, de manière injuste, de tentative de meurtre contre le policier du SPVM Sanjay Vig, qui l'avait pris pour l'auteur de l'agression à son endroit. 

Une chasse à l'homme de 20 minutes dans Parc-Extension avait mené à l'arrestation de Mamadi Camara simplement parce qu'il avait été le dernier automobiliste à avoir été interpellé par le policier avant l'attaque. 

« Quand je rencontre des policiers, j’ai réellement peur. Je fais tout mon possible pour ne pas déranger ou ne pas me faire arrêter à nouveau. Je fais très attention pour être discret. C’est très difficile quand un policier est à côté de moi. Je me méfie beaucoup », explique Mamadi Camara. 

Après qu'il eut passé six jours en prison, le  directeur aux poursuites criminelles et pénales a réalisé que la preuve du SPVM n'était pas fondée et a procédé à l'arrêt des procédures. 

« Déjà, je peux dire que les Montréalais et les Québécois, ils en ont fait beaucoup. J’ai reçu beaucoup de cadeaux pour les bébés, avant même leur naissance. Je sais qu’ils m’ont beaucoup supporté et je les en remercie pour ça », détaille M. Camara, qui a depuis reçu les excuses du SPVM pour cette erreur. 

« La rencontre avec le directeur Sylvain Caron a vraiment été un moment apaisant pour moi et ma femme. Chez nous, dans notre culture, quand quelqu’un demande pardon sincèrement, on doit accepter ses excuses », ajoute-t-il à Radio-Canada.

Il n'a toutefois pas été en mesure de reprendre le travail. « J'essaie de me remettre petit à petit de ce qui s’est passé. J’essaie de recommencer à avoir confiance en moi. L'École polytechnique m’a fourni beaucoup d'aides, surtout psychologiques. Et mes avocats aussi m’ont soutenu. Donc, j’essaie d’avoir des rencontres en thérapie sur une base régulière. J’espère que ça puisse aller mieux pour reprendre le travail », dit-il. 

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Source: Radio-Canada · Crédit Photo: Twitter