Nouvelles : La police arrête 44 personnes qui prenaient part à des fiançailles homosexuelles

La police arrête 44 personnes qui prenaient part à des fiançailles homosexuelles

L’opération policière n’est pas passée inaperçue

Publié le par Ayoye Monde dans Nouvelles
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44 personnes ont été arrêtées par la police ougandaise, car elles prenaient à une fête de fiançailles entre deux hommes.

C’est le 31 mai dernier, dans un refuge LGBTQ+ à Kampala, en Ouganda, que des policiers sont intervenus lors d’une fête de fiançailles.

L’opération policière n’est pas passée inaperçue, puisque des images de la scène ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux, faisant vivement réagir les associations de défense des minorités sexuelles.

Dans une des vidéos montrant l’arrestation, on peut y voir des hommes qui attendent d’être embarqués par la police, tandis qu’une voix autoritaire qui est hors champ lance : « Regarde-moi ! Dis-le : je suis la mariée ! » La vidéo en question a été reprise par les médias au lendemain de l’arrestation et tout porte à croire qu’elle a été filmée par les forces de l’ordre.

Le porte-parole de la police municipale de Kampala, Luke Owoyesigyir, a expliqué au journal NilePost que c’est un voisin qui a signalé la fête auprès des autorités : « Tous les hommes étaient maquillés et certains portaient des vêtements de femmes et des perruques. »

Des associations de défense des personnes LGBTQ+ ont expliqué aux médias locaux que les personnes qui ont été arrêtées ont dû subir un examen anal afin de vérifier si elles avaient eu des rapports sexuels.

Ce n’est qu’après une semaine de détention que les 44 personnes arrêtées ont pu retrouver leur liberté.

L’opération policière a eu lieu dans un refuge qui appartient à l’association Happy Family Youth Uganda. Celle-ci aide notamment les personnes issues de minorités sexuelles à trouver un logement et comme l’a indiqué un membre de l’association, il n’est pas rare que la police profite des arrestations de personnes LGBT pour délibérément révéler leur identité et leur orientation sexuelle : « Maintenant, ils n’ont nulle part où aller. Certains ont perdu leur famille, leur emploi, leur dignité. De plus, notre refuge ne peut plus opérer au même endroit, car nous n’y sommes plus en sécurité. Si les résidents reviennent ici, ils risquent de se faire tuer, ou bien nous pourrions avoir d’autres problèmes. Certains seront relogés dans d’autres refuges, mais il nous faut trouver un nouveau lieu. Actuellement, nous cherchons du soutien financier pour déménager. »

Enfin, selon Frank Mugisha, qui est président de l’association Sexual Minorities Uganda (SMUG), celui-ci dit souhaiter que les actions de la police à l’encontre des personnes LBGTQ+ soient dénoncées : « La plupart des lieux comme les bars ou les boîtes de nuit où les personnes LGBT peuvent aller pour socialiser et s’exprimer ont été fermés, ou ont fait l’objet de descentes de police. Il est devenu difficile pour les propriétaires de les maintenir. En plus, les membres de la communauté LGBT ont peur de s’y rendre, car la police peut débarquer à tout moment. Le parlement de l’Ouganda a récemment passé une loi sur les infractions sexuelles qui va davantage criminaliser l’homosexualité en Ouganda. Depuis, le nombre [d’arrestations de ce type] a augmenté. Même si la loi n’est pas encore entrée en vigueur, les autorités utilisent l’engouement médiatique et les déclarations des politiques pour augmenter le harcèlement [à l’égard des personnes LGBT]. »

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Source: France 24 · Crédit Photo: Adobe Stock